par Sam
OCC (Orsières –
Champex le lac – Chamonix) : 61km / 3 500D+
En 2018 après avoir boucler la
CCC, la TDS et l’UTMB je pensais en avoir fini avec cet évenement !
Mais non, mon binôme me lance
"on a toujours fait la fin du parcours de nuit, ça serait cool de la faire
de jour avec l’OCC ! »
Bon, pourquoi pas mais j’avoue
que se relancer dans une prépa estivale au lieu de siroter des spritz en tongs et
remettre « 1 pièce » dans la procédure d’inscription ne m’enchantent
guère…
Je me lance, non sans mal, dans
une dynamique avec quelques dossards dès le 1er trimestre (Raid 28,
Noctiraid, Mt Ventoux) mais la vieillerie va me rattraper avec une tendinite au
tendon d’Achille, comme chaque année depuis 5 ans : un bobo… => 3
dossards, 3 DNS !
J’ai beau faire le nécessaire, en
étant de plus en plus prudent avec des séances moins intenses, encore plus
d’échauffement et davantage de séances de stretching, mais non ☹
Ce n’est que fin avril que je me
débarrasse de cette tendinite et reprend le footing, avec beaucoup, beaucoup de
prudence !
En mai, je n’aurais fait qu’une
course : un pauvre 10km / 300D+ avec mon fils qui aura l’indécence de me
mettre 1’… Je l’ai rayé de mon testament !
A défaut d’intensité avec des
fractionnés plus ou moins longs, je fais du volume et du renfo, d’autant plus
que les épisodes de canicule n’aident pas…
Heureusement, je profite des 10j
de vacances début août au Pays-Basque pour me taper quelques allers retours sur
la Rhune car les séances de côte à Clamart, en mode hamster, c’est sympa,
mais c’est quand bien différent d’une ascension non-stop.
On part en mode mercenaire car
bien évidemment une course veille de pré-rentrée des classes, ça fait grincer
dans les chaumières !
On arrive à Chamonix, on récupère
les dossards et je suis toujours aussi impressionné par cette foule, par cet
engouement que provoque cet évènement ! C’est toute la vallée qui vit au
rythme des courses…
Je suis d’autant plus étonné que
cette année il y a énormément d’étrangers (principalement asiatiques et
américains) et surtout de jeunes hommes et femmes, moins de 30 ans, affûté(e)s
comme jamais, ultra équipé(e)s, top la classe, allant d’un social run à un
autre, s’arrêtant des plombes à tous les stands pour goûter une barre, un gel,
type de poudre…
Je me remets en question avec ma
pompote, ma barre Ovomaltine et mon alimentation aux ravitos de Tuc/fromage/saucisson/bouillon…
Le mercredi soir c’est pâte bolo
et pas trop de stress, 60 bornes n’est pas la mer à boire et je pense avoir
fait le nécessaire pour ne pas trop subir.
L’objectif est de remettre
l’église au milieu du village avec un classement dans le 1er tiers
et un chrono sous les 11h.
Mais bon, il y a ce qu’on veut
faire et ce que l’on pourra faire…
3h50 : réveil jeudi… Ca
pique un peu mais ça passe mieux que je pensais
5h : on monte dans le bus à
Chamonix, direction Orsières en Suisse. 1h15 de trajet dans un silence ponctué
de quelques ronflements
6h30 : on poireaute, sous un
vent assez frais voir froid… C’est marrant de voir tous ces gens qui se
changent, trient leurs matos, font, défont, refont leur sac !
8h30 : pissou de la peur
8h45 : départ de notre sas
(3 sur 4), c’est parti mon kiki !
Un petit tour du village d’Orsières et faux plat direct avant
la 1ère ascension. On n’est pas mal, pas trop vite, pas trop lent et
avec 2 000 partants répartis en 4 sas, ça ne bouchonne pas trop.
Km7 / 600D+ - 796ème : tout se passe bien, on
arrive à Champex le lac où l’on s’arrête moins d’1’ pour faire le plein d’eau.
Km18 / 1 400D+ - 747ème
5km de plat et on amorce l’ascension de la Giète. On
commence à rattraper des coureurs partis en 2ème sas, c’est cool, ça
motive. Les paysages sont magnifiques, un soleil qui monte et illumine au fur
et à mesure les cols du massif du Mt Blanc !
On a 30’ d’avance sur nos prévisions.
C’est parti pour la grosse ascension de la Tête de Balme :
1 300D+ en 8km.
C’est un long single, pas facile de doubler.
J’ai de plus en plus soif, et pourtant je m’hydrate
régulièrement et il ne fait pas si chaud que ça (30° à 1 500m, on a connu bien
pire à Paris) et le parcours n’est pas trop technique. Le rythme en prend un
coup, j’ai un peu mal à la tête, je sens le vomito pas loin, on ne double plus
personne, au contraire, et je fais tout pour rester derrière un groupe, en file
indienne, même si l’allure est faible, c’est mieux que de décrocher et être
tout seul.
J’ai 1.5l d’eau, je pourrai tout boire mais le ravito est
loin. Je suis un peu en panique, ce besoin de boire et le stress du manque
d’eau…
En fait je fais une petite déshydratation pour la 1ère
fois de ma vie ! Y’a un début à tout… Je repousse la nécessité de m’arrêter
un instant, on voit le col mais je résiste. Je fais face à un gros
contraste : les jambes vont bien, pas de douleur physique mais cette soif
et la nausée m’empêche d’avancer. Je craque et on fait 1 pause d’1’ montre en
main !
Km35 / 2 600D+ - 808ème : On arrive enfin au
ravito, je vide toutes mes flasques, les remplis et rebois 1l ! 45’ de
retard sur les prévisions. J’ai perdu presqu’1h30 sur cette ascension !
6km de descente plus ou moins technique mais salutaire. Ca
va un peu mieux et les ravitos sont plus rapprochés. Je bois, à chaque fois 1l
en plus du litre pendant la course…
On reprend notre rythme, un peu plus soutenu, les grosses
ascensions sont derrières, une dernière grosse bosse. On remonte, on double…
Km41 / 3 000D+ - 771ème : Le Tour,
station de ski ou nous nous rendons fréquemment et je trouve plutôt marrant de
monter à pied ce que l’on descend à ski (marrant mais toute proportion gardée
car c’est bien raide…).
Maintenant le profil n’est que du faux-plat descendant,
ponctué de bons et petits coups de cul, qui cassent bien les pattes mais le
rythme est là, on trottine bien, on force dans les côtes, on envoie…
Km50 / 3 100D+ - 717ème : Argentière,
reste 10 bornes « faciles », plutôt roulant mais comme d’habitude
quand ça sent l’écurie, je me pose toujours la question « pourquoi ne pas
mettre la ligne d’arrivée ici ? C’est bon, on va le faire, y’a plus aucun intérêt ! ».
Les 2 derniers kilos sont un peu durs, on traverse un
Chamonix en pleine ébullition et après presque 11h dans les montagnes, la foule
et ses encouragements sont quelque peu agressifs…
Km61 / 3 350D+ - 660ème : objectifs
remplis => sous les 11h (10h50) et dans le 1er tiers !
Ca fait du bien de refaire une belle course pas trop longue,
en pleine nature, de ne passer une nuit dehors, de ne pas finir trop tard et
pas trop épuisé !
On prend une douche, on profite d’une 1/2h de kiné, 2 bonnes
bières 50m derrière la ligne d’arrivée en lisant les messages
d’encouragements/provocations/moqueries des copains…
Que demande le
peuple ! Merci
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